
Le bassin est impressionnant par ses dimensions. Il est large de 3,20 m, profond de 1,20 m, long de 65 m, entouré d'une margelle en grandes dalles de pierre soigneusement sélectionnée (calcaire fin d’Oppède). Les murs latéraux ont été élevés en deux temps (interprétation due à J. –M. Mignon). Une première maçonnerie en blocage grossier au mortier de chaux constitue le mur proprement dit, large de 0,60 m. Il résulte du remplissage d’une tranchée creusée au préalable dans le sol, formant le moule du blocage. A ce stade, des saignées verticales d’environ 30 cm de large ont été réservées à intervalles irréguliers sur la face intérieure du bassin, pour jouer le rôle de raidisseurs pour le deuxième mur vers l'intérieur. Ce dernier est fait de fines plaquettes de calcaire liées au mortier maçonnées contre le précédent. En phase finale, deux couches d’enduit d’étanchéité ont été appliquées, complétée par un solin. Le fond du bassin a fait l’objet d’un soin décoratif particulier. Il est en effet composé d’un assemblage en opus spicatum de petites briquettes d’argile cuite (plus de 50 000, moulées à la main) de couleurs variées allant du jaune pâle au brun. La descente dans l'eau du bassin pouvait se faire par cinq marches d’escalier retrouvées en place au coin sud-ouest du bassin.
Les couches de sédiment observées à l'intérieur indiquent une courte période durant laquelle le bassin n’est plus entretenu, suivie par une épaisse couche de terre surchargée de débris de toutes sortes qui permettent de dire que le bassin a plus ou moins servi de dépotoir pendant une longue période et qu'il avait en tous cas perdu sa fonction d'agrément. Un lot groupé (une bourse sans doute) de cinq monnaies d’époque constantinienne provenant de la couche inférieure montre qu'au IVe s. le bassin était encore largement ouvert.
Au milieu du bassin, à une dizaine de mètres de son entrée, ont été posés deux tambours de colonnes flanqués de dalles récupérées aux dépens de la margelle, posées de chant. L’interprétation la plus vraisemblable de ce dispositif, soit la mise en place d’une passerelle en bois évitant le contournement du bassin, est cependant mise en doute par la découverte récente, près de son accès supposé, d'une aire de foulage d'argile qui en aurait rendu l'usage plus que problématique.
Un sondage a été fait à l’extrémité orientale du bassin. On y voit nettement, à l'extérieur, les rainures faites par une pioche lors du creusement de la tranchée (technique déjà décrite). Au coin nord-est, des traces de mortier sur le fond du bassin suggèrent l’existence d’un escalier d’accès, aujourd’hui disparu. Une bonde permettait la vidange de l'eau ; elle a été arrachée à une époque indéterminée, peut-être pour en récupérer le plomb (elle est en plomb dans la villa de Puissalicon dans l'Hérault) ? Vers l’extérieur du bassin, un canal de vidange de 0,65 m de largeur, en moellons de calcaire maçonnés au mortier de chaux, a été suivi sur une longueur de 2,70 m. Il s’interrompt à la limite de la parcelle voisine (limite qui coïncide avec un talus de 1,50 m environ) et il n’est pas possible de dire à quel dispositif de réception aboutissait ce canal, ni comment l'eau rejoignait la Durance, les labours ayant tout arasé.
Un autre petit canal, parallèle au côté nord du bassin, a été découvert à 1,75 m de distance de celui-ci. Fermé par de très grandes dalles de calcaire recouvertes d’un lit de gros galets, de petites dimensions (0,40 m de largeur, 0,58 m de profondeur) et de construction sommaire, il fait office de drain destiné à recueillir les eaux d’infiltration qui auraient pu provoquer des désordres dans la maçonnerie du bassin. A l'inverse, en dépit de recherches approfondies en amont du bassin, il n’a pas été possible de retrouver son système d’alimentation en eau (peut-être en bois ?).