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Pomone

Son histoire

Pomone et Vertumne (XIV, 608-697)

 

[622] Déjà Procas tenait le sceptre sur le mont Palatin. Sous son règne vivait Pomone. Parmi les Hamadryades du Latium,

aucune ne fut plus habile dans la culture des jardins, aucune ne connut mieux celui des vergers ; et de son art vient le nom

qu'elle port
e. Elle n'aime ni la chasse dans les forêts, ni la pêche au bord des rivières. Seuls les champs et les arbres, chargés

de fruits, peuvent lui plaire. Sa main n'est point armée du javelot : elle porte une faucille recourbée, et tantôt élague des branches inutiles, tantôt émonde des rameaux qui s'étendent trop loin ; tantôt insère, dans l'écorce entrouverte, une tige étrangère, et fait porter à un arbre des fruits qui croissent sur un autre.

Elle prévient la soif des plantes, et arrose les filaments recourbés d'une racine amie de l'onde : ce sont là ses plaisirs et ses soins. Elle ignore l'amour, mais craignant la rudesse de l'habitant des champs, elle entoure ses jardins de remparts de verdure, et en défend l'entrée aux hommes qu'elle fuit.

 

[637] Que ne tentèrent point, pour conquérir ses charmes, les Satyres, jeunesses folâtres et dansantes ; les Pans, dont le pin

couronne la tête ; Silvain, toujours jeune dans ses vieilles années ; et le dieu difforme des jardins qui, de sa faux,écarte les voleurs ! Vertumne, avec plus d'amour, n'était pas plus heureux. Combien de fois, pour chercher les regards de Pomone, il prit

l'habit du rude moissonneur, et courba sa tête sous le poids des gerbes ! Combien de fois, couronné de guirlandes de foin, il offrit l'image du faucheur sortant de la prairie ! Souvent, la serpe en main, on eût dit qu'il venait d'émonder un arbre ou de façonner la vigne.

 

[654] Un jour, ayant couvert sa tête d'une coiffe peinte, et entouré ses tempes de cheveux gris, il s'appuie courbé sur un

bâton, et sous les traits flétris d'une vieille, pénètre dans les jardins de Pomone. D'abord, il admire la beauté des fruits, et plus

encore celle de la Nymphe qui les cultive. À la louange succèdent quelques baisers, mais des baisers tels qu'une vieille n'en

donna jamais. Il s'assied ensuite sur un tertre que couvre un gazon frais, et regarde les arbres dont les rameaux chargés de

fruits plient inclinés vers la terre. Non loin, un ormeau spacieux soutient une vigne où les grappes abondent : il loue l'union de

la vigne et de l'ormeau.


Le figuier ruminal

De rumen, la mamelle, en mémoire de l’arbre sous lequel Romulus et Remus ont tété la louve. Ce figuier, consacré à Mars, le père des jumeaux, était une sorte d’oracle. L’état de son feuillage donnait des indications sur le devenir de la cité.

Ainsi, un an avant le meutre d’Agrippine par Néron, il se désécha.

Le figuier est associé à Déméter (déesse de la terre et des moissons) et aussi à Dionysos, mais surtout à Priape, dieu de la fécondité et des jardins.

Les statues de Priape étaient faites de bois de figuier.


Déesse de la Fertilité, nymphe des fruits et des fleurs.
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